Traducteur indépendant allemand-français et anglais-français, diplômé de l'ESIT (École Supérieure d'Interprètes et Traducteurs)

Ergonomie : bien s’asseoir pour bien travailler

Pour fêter l’intégration du blog à mon site internet, voici enfin le billet tant attendu sur l’ergonomie ! J’ai pris beaucoup de retard dans sa publication (entre travail et fêtes de fin d’année, ce fut chargé !), je te prie de m’en excuser, cher lecteur, mais voici mes quelques conseils pour être bien assis et prendre soin de toi !

1. Qu’est-ce que l’ergonomie ?

On parle souvent d’ergonomie, mais sais-tu de quoi il s’agit au juste ? D’après mon Robert (Le nouveau petit Robert, édition 2010), il s’agit de « l’étude scientifique des conditions (psychophysiologiques et socioéconomiques) de travail, de l’adaptation des outils, postes de travail aux utilisateurs, des relations entre l’homme et la machine. » Pour le coup, mon fidèle Robert ne nous est pas d’un grand secours et nous ne sommes pas plus avancés avec ça…

Heureusement, j’ai trouvé une définition plus parlante sur le site internet du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) : « science du travail ayant pour objet l’adaptation du travail à l’homme (amélioration des conditions de travail). » Pour ce faire, de nombreux aspects doivent être pris en compte (physiologiques, sociaux, etc.) et peuvent être regroupés dans deux thématiques : l’adaptation à la physiologie et l’adaptation au fonctionnement cognitif.[1]

Tu t’en douteras, nous ne verrons pas tous ces aspects dans un seul billet (et je ne suis pas sûr de pouvoir parler un jour d’adaptation au fonctionnement cognitif, ce n’est pas tout à fait mon domaine !). Dans un premier temps, voyons le plus important pour notre confort : l’adaptation du poste de travail à notre physiologie.

2. L’ergonomie, une question de fauteuil ?

S’il suffisait d’acheter un bon fauteuil pour être bien assis, ce serait trop beau (et surtout, cela se saurait). J’irais même plus loin : il n’y a pas de « bon » fauteuil. Le tout est de trouver celui dans lequel tu te sens bien, puis de bien le régler. En effet, l’ergonomie du poste de travail passe par trois points : la hauteur de l’assise, la hauteur du plan de travail et l’inclinaison du plan de travail.

2.1. La hauteur de l’assise

Premier point : règle la hauteur de ton assise avant tout, car c’est elle qui déterminera la hauteur du reste. Pour commencer, tu dois être assis droit dans ton fauteuil, les pieds à plat sur le sol. Tes pieds et des tibias doivent former un angle presque droit. Monte ensuite progressivement ton assise jusqu’à ce que tes fesses soient légèrement au-dessus du niveau de tes genoux. Tes cuisses et tes tibias forment donc un angle légèrement ouvert.

Et voilà, cher collègue, te voilà à la bonne hauteur. Nous allons pouvoir passer à la suite et régler ton poste de travail.

2.2. La hauteur du poste de travail

Maintenant que ton fauteuil est à la bonne hauteur, il te faut régler la hauteur de ton bureau : trop bas, ton dos sera voûté et il fatiguera vite. Trop haut, tu vas avoir tendance à lever les épaules et les avant-bras, une position fatigante également. Reste plus qu’à trouver le juste milieu, et ce n’est pas aussi difficile que ça peut en avoir l’air !

Pour commencer, décolle ton dos du dossier, bascule ton bassin vers l’avant et bombe le torse (car tu es un traducteur fier !). Si tu n’es pas habitué, tu ne tiendras pas longtemps dans cette position (c’est encore mon cas) : c’est normal, ton dos n’est pas assez musclé, mais ça va venir. Le basculement du bassin est essentiel, sinon ton dos va se tasser, deviendra douloureux, et ne se musclera pas.

Détends ensuite tes épaules. Elles doivent rester basses pour t’éviter de fatiguer. Place tes bras le long de ton corps, puis plie les coudes à angle droit. Sans changer de position, avant légèrement les coudes sans les décoller de ton corps. L’angle entre tes bras et tes avant-bras doit donc être assez ouvert.

Voilà la hauteur parfaite : tes avant-bras doivent reposer naturellement sur le bureau une fois que tu les as légèrement avancés.

Nous voilà maintenant bien assis et avec un bureau à la bonne hauteur, mais tu ne t’en tireras pas à si bon compte ! Tu te souviens des bureaux d’écoliers inclinés ? Eh bien lis la suite, et tu verras qu’ils n‘étaient pas si mauvais.

2.3. L’inclinaison du poste de travail

Eh oui, ton bureau doit être incliné pour être confortable. S’il est horizontal, c’est un problème : tu vas avoir tendance à te pencher en avant, à regarder vers le bas, mais surtout à « casser » tes poignets pour atteindre ton clavier. Et tu feras rapidement la connaissance de Dame Tendinite, suivie  de près par Sire Syndrome du Canal carpien.

Ton bureau doit donc être légèrement incliné. Difficile de dire de combien de degrés exactement, c’est un peu du ressenti je pense. L’essentiel, c’est de trouver une position qui soit confortable. Ni trop horizontale (on a vu pourquoi plus haut), ni trop verticale, car, outre les glissades d’objets, tu perdrais tout confort. Je pense que l’idéal est de l’incliner jusqu’à ce que tes poignets prennent un angle assez naturel. A ce moment-là, tu verras que tu auras moins d’efforts à faire pour taper au clavier. Autre avantage de l’inclinaison : ton écran sera plu haut, donc tu pourras le voir sans baisser la tête.

3. Adopter une bonne position

Maintenant que tu es bien installé à ton bureau, tu pensais avoir trouvé « la » bonne position ? Alors prépare-toi à en changer ! Car il n’y a pas de bonne position, seulement un mot clé : bouger. Pour ce faire, il y a deux positions de base et plusieurs exercices d’assouplissement à effectuer régulièrement.

3.1. Les positions de base

En cours de journée, tu peux alterner entre deux positions.

La première est la position d’attention ou de travail : sur l’avant du fauteuil, le dos bien droit et les épaules détendues. Pour bien te redresser, imagine simplement que tu es suspendu par un fil attaché au sommet de ton crâne qui te relie au plafond. Si tu as bien réglé ton poste de travail, cette position doit venir assez naturellement.

La deuxième est la position passive : à l’arrière du fauteuil, en appui sur le dossier. Cette position est avant tout la position de détente, notamment pour lire un document, faire une petite pause ou écouter quelqu’un.

3.2. Les étirements

Les étirements sont importants en cours de journée pour détendre tes muscles. Il peut s’agir  de rouler les épaules (en restant détendu), d’étirer les bras sur le côté en pointant les doigts vers le haut, ou encore d’étirer les bras vers le bas et l’arrière, paumes vers l’arrière, tout en rentrant le menton. Certains gestes sont au contraire à proscrire, notamment la cambrure du dos.

4. Conseil contre les tendinites

En bonus, voici un petit conseil une fois que Dame Tendinite a fait son entrée : en plus de la mise au repos, pas toujours facile quand on doit travailler, je tiens de ma mère, kinésithérapeute, une recette miracle : mélanger 10 gouttes d’huile essentielle de gaulthérie et 10 gouttes d’huile essentielle d’hélichryse italienne dans 20 à 30 ml d’huile de massage neutre. Ma touche personnelle : utiliser de l’huile végétale de calophylle (anti-inflammatoire et antalgique) comme base. Comme elle peut être légèrement irritante, tu peux aussi la diluer dans une huile douce, par exemple de macadamia ou d’amande douce, notamment si tu as la peau sèche.

Dans l’idéal, utilise cette huile matin et soir et ne masse pas seulement la zone douloureuse : par exemple, pour une tendinite au niveau de la main ou des doigts, n’hésite pas à remonter jusqu’au niveau de ton coude. Et n’attends pas d’avoir mal pour faire un massage !

5. Pour aller plus loin

Je profite de cette section pour remercier ma mère, masseur-kinésithérapeute et ostéopathe, qui a bien voulu me donner tous ces conseils.

Pour approfondir la question, cher collègue, je te conseille d’en parler avec ton kinésithérapeute ou autre professionnel de santé. Il existe également des formations M’ton dos qui enseignent toutes ces astuces et bien d’autres. Celles-ci étant plutôt destinées aux entreprises, j’ai soumis l’idée à ma délégation locale de la SFT d’essayer de nous en organiser une, à voir selon les possibilités. Sinon, les organisateurs de cette formation proposent un logiciel (e-mage) qui aide à bien aménager son bureau et qui invite régulièrement à des exercices d’assouplissement. Je ne l’ai pas testé, mais je serais intéressé par un retour si quelqu’un le connaît ou souhaite faire un achat groupé.

Pour aller vraiment plus loin, il faut peut-être réfléchir à l’acquisition de dispositifs clavier-souris ergonomiques (notamment souris verticales) ou de logiciels de synthèse vocale. Apprendre à bien taper au clavier (cours de dactylographie par exemple) me semble également intéressant. J’essaierai de revenir sur ces points dans de prochains billets, quand j’aurai pu faire quelques essais. Si tu as des sites à me conseiller sur ces sujets, n’hésite pas.

Et toi, cher collègue, as-tu des astuces pour rendre ton poste de travail de travail plus ergonomique ? Comment luttes-tu contre les tendinites ?

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